Kevin Grandjean

La Paz

dimanche 23 mars 2025

À tort considéré comme la capitale la plus haute du monde, cette ville qui héberge le siège administratif du gouvernement bolivien n’en est pas moins impressionnante.

La ville offre une très grande différence d’altitude entre son point le plus bas (3100 mètres au-dessus de la mer) et son point le plus haut (4100 mètres au-dessus de la mer).

Nous avons l’habitude en Suisse de parcourir ce genre de dénivelés, mais c’est plutôt en montagnes. Ceci dit, le moyen de locomotion reste le même entre nos montagnes et la ville de La Paz.

Quel moyen incroyable de locomotion pour un transport public.

Le réseau de transports public par télécabine s’étend sur un réseau impressionnant de 10 lignes en constante évolution. (La 11ème est prévue).

Source

Plusieurs petits faits et remarques sur le téléphérique:

La Bolivie est un pays ou les règles existent, mais leur respect peut parfois laisser à désirer. Par exemple, sur la route, cela peut être un chacun pour soi. La ceinture est au bon vouloir du conducteur et de ses passagers (quand la ceinture est présente, sinon pas vraiment le choix). Les déchets sont jetés ou brûlés. Le concept de recyclage n’est pas une des priorités de la population.

Mais dans le téléphérique, les règles et la propreté ne sont pas optionnelles.

Les Boliviens respectent fortement les règles dans le téléphérique. Par exemple, personne ne se lèvera dans une cabine jusqu’au moment où les portes s’ouvrent. Les stations de téléphérique sont aussi propres qu’au Japon et du personnel est présent en continu pour garder les stations propres.

La différence est flagrante entre l’extérieur ou des détritus peuvent joncher le sol par endroits et les stations de téléphériques qui sont immaculées.

Ceux qui auront l’oeil fin auront pu remarquer que les noms des stations sur la carte sont en deux langues. Une est l’Espagnol et l’autre est la langue Aymara. Une des langues autochtones de la Bolivie aux côtés du Quechua et d’autres moins parlées.

Sucre, la capitale est en territoire Quechua. Ceux qui parlent une langue autochtone auront plus de chance de converser en Quechua. Mais La Paz, El Alto et d’autres villes de l’Altiplano se situent en territoire Aymara et ainsi la langue parlée à El Alto (en plus de l’Espagnol) est l’Aymara.

Lors de notre semaine passée à La Paz, nous avons pris toutes les lignes sur toute leur longueur à l’exception de la dernière station de la linea morada.

Et il n’y a pas de meilleurs moyens que de visiter la ville que par les airs.

Rien de mieux que de prendre le téléphérique pour éviter le trafic.

Il y a même un moment en remontant la ligne jaune où on a l’impression que la cabine va rentrer dans les maisons juste en face.

La Paz offre de nombreux points de vue depuis lesquels il est possible d’avoir de beaux panoramas sur la ville.

Qu’avons-nous fait à La Paz?

Le catch de cholitas

Plusieurs choses à expliquer pourquoi ce phénomène s’est répandu à La Paz et plus précisément El Alto. Les cholitas sont des femmes qui s’habillent de manière typique avec leur chapeau melon, leurs longues tresses et habits traditionnels. Ces femmes historiquement ont participé à toutes les tâches que la vie quotidienne leur apportait, comme les hommes, mais n’étaient pas considérées leurs égales.

Il y a environ 15-20 ans, des femmes se sont dit que si elles font tout comme les hommes, pourquoi pas aussi faire du catch (ou lucha libre). Comme dans tout bon match de catch, les coups sont pour de faux et le spectacle suit un scénario. Ceci dit, le thème est souvent (si ce n’est pas tout le temps) lié à l’inégalité que les cholitas subissent dans la société.

Dans le spectacle que nous avons pu observer, la cholita se retrouve face à ses adversaires, une femme masquée, un militaire, l’arbitre lui-même ainsi qu’un catcheur masqué. Tout le monde se ligue contre les cholitas, mais cela ne les empêche pas de venir à bout de leurs agresseurs à chaque fois.

Le spectacle est haut en couleur et utilise le public comme élément du spectacle comme on aura pu l’observer.

Des supporters uruguayens faisaient partie du public en attendant d’aller supporter leur équipe nationale contre l’équipe de Bolivie. (L’Uruguay a perdu, mais jouer au foot à 4000 mètres quand on a l’habitude du niveau de la mer n’est pas si facile).

Petit fait drôle: il y a deux stades de foot utilisables à La Paz/El Alto. Celui d’El Alto sera plus facilement choisi pour les matchs importants vu qu’il est plus haut que celui de La Paz. Cela donne un avantage indéniable aux joueurs locaux habitués à l’exercice.

D’autres groupes de Cholitas escaladent les montagnes dans le même but d’affronter le sexisme régnant en Bolivie.

La Valle de la Luna

Les roches autour de la ville de La Paz sont pour beaucoup des roches extrêmement friables. Certains pans s’effondrent au fil des années. La photo impressionnante des maisons au bord du précipice en est un exemple marquant.

Ces bâtisses sont occupées par des chamans que le gouvernement essaie de déplacer vu la dangerosité du terrain, sans succès.

Cette pierre se retrouve à différents endroits de la ville y compris dans une vallée nommée vallée de la lune qui offre un paysage lunaire dans lequel il est possible de se balader.

Il existe une autre vallée plus loin de La Paz appelée Valle de las Animas (Vallée des Âmes) qui a des formations géologiques d’un style similaire.

Lors de notre retour de la Valle de la Luna, nous avons pris un taxi qui attendait. À un moment, je vois un voyant moteur s’allumer (il n’est pas rare de voir des voyants moteurs tout le temps allumé sur les véhicules boliviens, mais en voir un s’allumer sur l’instant est inhabituel).

À ce moment, le chauffeur s’arrête sur le côté et nous explique qu’il doit faire une pause. Je le vois prendre des bouteilles d’eau de son coffre et les verser sur le moteur en train de surchauffer.

Une fois trois litres versés sur le moteur (et la fumée partie), nous sommes repartis en direction de la station de métro, comme si de rien n’était.

Visite du marché des sorcières

Les Boliviens sont très croyants. Ils croient dans un mix de religion Chrétienne et les croyances autochtones comme la Mère-Terre (La Pacha Mama). Cela implique qu’il n’est pas rare de trouver des églises, mais en parallèle d’y voir des chamans.

Le marché des sorcières est une rue où l’on peut y trouver toutes sortes de porte-bonheurs, charmes et autre offrandes pour les rituels. Des “sorcières” (ou guérisseuses spirituelles). Les guérisseuses peuvent aider à identifier les problèmes, mais aussi les résoudre. De même, les guérisseuses peuvent aussi aider certains projets à réussir comme un projet d’amour, un projet de construction, un projet lié au travail.

On peut y voir un foetus de lama avec des plaquettes représentant différents aspects de la vie pour lesquelles on aimerait faire des offrandes.

Des amulettes porte-bonheurs. Chacune représentant un aspect différent de la vie.

Tous les maux ont des solutions chez les guérisseuses.

Le marché d’El Alto

C’est probablement un des plus grands marchés que j’ai pu voir de ma vie. Le trafic routier en est complètement perturbé deux fois par semaine afin de permettre aux commerçants de proposer leurs articles.

Et on y trouve de tout (sauf des chaussures à ma taille. Les Boliviens étant plutôt petits).

Ces voitures ne sont pas simplement parquées ici, mais elles sont aussi à vendre au marché.

Le quartier coloré de Chualluma

C’est un quartier dont les habitants ont décoré leurs maisons grâce au street art. Le quartier en lui-même est très coloré, mais certains murs ont des fresques.

Le quartier, comme beaucoup d’endroits en Bolivie, regorge de chiens. Certains ne bougent pas une oreille quand on passe à côté (comme ceux sur la photo). Mais au bout de la rue se cachait un chien plus hargneux qui a eu tôt fait de réveiller d’autres chiens pour qu’ils viennent nous barrer la route.

Acheté notre Fakeagonia (la fausse polaire Patagonia au style bolivien)

La Bolivie n’est pas connue pour avoir une application de la protection des marques et des noms déposés très forte. Beaucoup de locaux vont se balader avec des fausses versions de marques que l’on connaît chez nous. Assez drôle, mais Quechua est probablement une des marques les plus contrefaites en Bolivie. Probablement lié au fait que le nom vient de chez eux 😄

Comme pour presque tout en Bolivie, il y a une rue pour ce que l’on cherche. Proche d’une des rues les plus touristiques se trouve la rue abritant les tailleurs qui feront des polaires Boliviennes Patagonia sur mesure.

Il est possible de choisir ses tissus, la forme ainsi que les couleurs et obtenir une belle polaire bien chaude pour un équivalent de 25 francs.

Et en vrac

Nous avons pu manger une raclette 😅. Ce n’était pas un fromage du Val de Bagnes, mais quand ça fait plus de trois mois que l’on vit sans fromage, ça passe.

J’ai mangé des sushis dans un pays n’ayant pas accès à la mer et ayant des problèmes de devises étrangères pour payer ses imports.

Quel type de poisson est-ce? Je présente le nigiri avocat-truite arc-en-ciel. Un délice préparé par un chef japonais s’étant installé à La Paz.

Les Boliviens consomment beaucoup d’oeufs. Ce magasin avait plus d’oeufs que toute une Migros et comme partout en Bolivie, ce magasin était dans la rue des magasins d’oeufs. Tous étaient achalandés comme celui-ci au moins.

Et encore plus en vrac:

Probablement une des limousines les plus impressionnantes.

Meilleures papas rellenas

Il n’y a plus de trains en Bolivie, mais certains vestiges ont été utilisés à d’autres usages.

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